IV – Les maxis d’Alan Vega
Extrait de son 1er album, « Jukebox babe » sort en version longue en 1981. Dans le plus pur style rockabilly, c’est un titre entraînant et dansant.
En face B, « Love cry », est comme je l’ai déjà écrit, une superbe chanson bluesy, lente et désespérée, au rythme pesant. Sur le maxi, elle rend encore mieux, grâce à de très bonnes basses.
O baby
Love cry
Love cry
In the night
In the night

Pour les US, en 1983 et en maxi promo, sort « Video babe », une chanson énergique, dans le style rock 50’s. La face B est identique à la face A.
Le maxi promo pour la France de « Jukebox babe », couplée avec un titre reggae de Errol Dunkley, « Don’t make me over » :

Le génial « Saturn drive » sort en 1983, dans une version extended, absolument indispensable. La production carrée de Ric Ocasek, le rythme grisant du synthé, subliment la voix immersive d’Alan. Celui-ci s’envole vers Saturne, dans un trip hallucinogène.
En face B, le fifties « Video babe », qui rappelle forcément « Jukebox babe », nous fait redescendre sur terre, dans le plus pur style rockabilly.

Pour le marché US, « Saturn drive » ne sort qu’en promo, couplé à « Wipeout beat », un titre pop/rock honnête. En face A, les versions edit, et en face B, les versions extended.
Un petit oubli sur l’année 1982 : le maxi de « Outlaw », remixé par August Darnell, dans le plus pur style ZZ Top période 70’s. August Darnell est célèbre pour être le chanteur du groupe Kid Creole and the coconuts. Le morceau file à 100 à l’heure sur un trio guitare, basse, batterie efficace.
« Magdalena 84 », est la suite des « Magdalena 82 » et « Magdalena 83 » issus de l’album « Collision drive ». Il s’agit donc d’une nouvelle version qui respecte les aspects classiques du rock’n’roll, si chers à Alan Vega.
A droite, le maxi promo US de « On the run » :

En 1985, c’est au tour de « On the run » de faire l’objet d’un maxi. Il s’agit d’un titre pop, plutôt rythmé.
En face B, le ra-ra mix de « Ra-ra baby » retravaille en douceur le titre original en conservant les grandes lignes. La voix d’Alan mise en boucle par moments, et plutôt en retrait, n’est cependant pas la meilleure idée.
Dernier titre, c’est « Cry fire », beaucoup plus intéressant, une chanson pop avec choeurs féminins, très dansante. Elle aurait parfaitement pu remplacer la face A.
Goodbye to the light
Goodbye to the stars
Love is a dream
Do you know what I need
To a lonely street
Lonely street, lonely street
A child smiles
There’s a whisper in the wind
There’s a whisper in the wind
It’s the last call
The last call for love

Alan Vega a par la suite sorti des maxis beaucoup plus tardifs. Je me suis personnellement arrêté à ceux des années 80.
V – Conclusion
Suicide a été l’un des pionniers du punk et de la new-wave, ce qui n’a été jamais reconnu en son temps. Et pourtant, nombre de groupes des années 80 s’en sont inspirés.
Martin Rev, dans sa carrière solo n’a pas percé, malgré deux bons albums.
Quant à la carrière d’Alan, elle a été chaotique, remportant plus de succès à ses débuts que par la suite, et souvent davantage en Europe que dans son pays d’origine, les Etats-Unis.
Pour en savoir un peu plus, un chouette reportage, même s’il fait un peu trop la part belle à sa rencontre avec Christophe :
En 2012, Alan Vega est victime d’une crise cardiaque. Il se consacre alors davantage à la peinture, et fait moins de scène.
En 2016, le 16 juillet, il décède dans son sommeil, à l’âge de 78 ans.
Le mot de la fin à Alan qui dit son ressenti sur la musique d’aujourd’hui, et ce non sans humour : « Il faut dire que le rock n’est plus une aventure, tout est récupéré, digéré par le gros business, il n’existe plus de groupes aussi irréductibles que le Velvet, aussi imprévisibles que les Dolls. Il y a trop d’intérêts, de fric en jeu… Si Suicide démarrait aujourd’hui, jamais nous ne serions signés. Ou alors, il faudrait que j’apprenne à chanter. »
