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Hommage à Shane Mac Gowan

The Pogues : les maxis 45 tours

II – Les maxis 45 tours

1er single à sortir en maxi, en 1985, c’est le très irlandais « A pair of brown eyes », ici dans une extended version. On s’imagine facilement devant une pinte de bière, assis dans un pub enfumé. Un titre calme dont on a envie de reprendre le refrain en choeur.

And a rovin, a rovin, a rovin I’ll go
For a pair of brown eyes


En face B, 2 inédits qui nous donnent envie de danser dans le pub : un énergique « Whiskey, you’re the devil » qui se passe de commentaire, et « Muirshin durkin », une chanson au titre énigmatique qui raconte l’histoire d’un travailleur qui en a assez du boulot quotidien et qui veut aller chercher fortune en Amérique.

La même année, paraît « Sally Mac Lennane », l’un de mes titres préférés. La chanson raconte le départ très arrosé d’un compatriote irlandais. La face B propose 2 traditionnels, « The wild rover » sur lequel on tape du pied pour rythmer le refrain, et « The leaving of Liverpool », une sorte de lettre à sa chérie avant le départ pour les Amériques.

« Dirty old town », c’est le titre qui me fait découvrir les Pogues, en 1985. C’est aussi leur premier succès international. La chanson est une reprise car elle date de 1949, et évoque la ville de Salford en Angleterre. C’est une chanson simple, mais chantée avec justesse par Shane.

La face B nous offre 2 titres dont l’inédit « The parting glass », qui est un traditionnel à propos de l’amour d’une femme, de l’homme qui s’en va, sans oublier le verre d’alcool qui va bien, histoire d’oublier. Pour clore ce maxi, un très bon instrumental extrait de l’album « Rum, sodomy and the lash », il s’agit de « A pistol for Paddy Garcia ». Les instruments habituellement utilisés par les musiciens sont le banjo, l’accordéon, la flute, la cithare et la batterie.

En 1986, Alex Cox, encore lui, réalise un film biographique sur Sid Vicious, l’un des leaders des Sex Pistols, intitulé « Sid & Nancy ». Pour l’occasion, Shane Mac Gowan va composer 2 titres : « Haunted », chanté par Cait O’Riordan, qui traite de la rencontre de 2 amoureux à Londres, ainsi que « Hot dogs with everything », un titre ouvertement punk dans son chant. « Junk theme », un instrumental un peu plat, clôt plus calmement le single.

« Poguetry in motion » est un mini LP de 4 titres. « London girl » est une chanson poussive avec des choeurs masculins lourdauds. « A rainy night in Soho » est la pépite de ce disque : une balade écrite par Shane, sur la nostalgie d’un amour défunt. La musique douce et mélancolique accompagne un Shane qui pose sa voix avec justesse, toute empreinte d’émotions. Vu son potentiel, le titre resortira en 1991 en single.

I’ve been loving you a long time
Down all the years, down all the days
And I’ve cried for all your troubles
Smiled at your funny little ways
We watched our friends grow up together
And we saw them as they fell
Some of them fell into Heaven
Some of them fell into Hell


Plus léger et dansant, mais pas dans son thème, « Body of an american » raconte le retour du corps d’un homme qui se disait libre en Amérique. Et c’est donc une occasion pour faire la fête ! Dernier titre, un instrumental fort sympathique du nom de « Planxty noel hill ».

Toujours en 1986, c’est un picture disc interview qui est édité par Stiff records. Si la face A ne présente qu’une interview de Shane, c’est la face B qui va se montrer plus intéressante en proposant 2 versions live des succès que sont « Sally Mac Lennane » et « Dirty old town ».

Le plus gros succès des Pogues arrive en 1987 avec le sublime « Fairytale of New-York ». Interprétée en duo par Shane et Kirsty Mac-Coll, il s’agit d’une chanson de noël à la sauce Mac Gowan, c’est-à-dire avec des paroles parfois tendres, et parfois rudes.

You were handsome
You were pretty
Queen of New York City
When the band finished playing
They howled out for more
Sinatra was swinging,
All the drunks they were singing
We kissed on a corner
Then danced through the night


Kirsty Mac Coll n’est autre que la femme de Steve Lillywhite, leur producteur de l’époque. Et si elle n’aura pas de carrière solo, elle va par contre réussir (grâce à son mari) en tant que choriste en participant aux enregistrements de groupes tels que les Talking Heads, Rolling Stones, Simple Minds, ou encore U2.

La face B nous offre 2 instrumentaux inédits : le militaire « The battle march medley » et le mélancolique « Shanne Bradley ».

En 1991, « Fairytale of New-York » fait l’objet d’une resortie en édition limitée, agrémentée de titres live extraits d’un concert donné à Glasgow en 1987 : « A pair of brown eyes », « The sick bed of Cuchulainn » et « Maggie May » remplacent les instrumentaux de la 1ère édition.

La pochette ouvrante de la seconde édition :

Retour en 1987, année durant laquelle les Pogues vont s’acoquiner avec un groupe irlandais légendaire, les Dubliners, pour 2 titres : « The irish rover » et « The rare ould mountain dew ». Le premier est une chanson à propos d’un bateau nommé « The irish rover », totalement sublimé mais qui finira mal. La musique est enlevée et l’alchimie entre les 2 groupes prend parfaitement.

Le second titre est plus anecdotique, à propos d’un breuvage certainement alcoolisé, nommé « the mountain dew », et doit mieux fonctionner après quelques verres d’un bon whisky.

Un 3ème titre figure sur le disque, mais sans les Pogues : « The Dubliners fancy », un chouette instrumental, tout ce qu’il y a de plus irlandais.

Aux Etats-Unis, exclusivement, paraît en maxi promo et en double A side, la chanson « Thousands are sailing ». Ecrite par le guitariste du groupe, elle raconte une fois de plus l’émigration des irlandais aux USA. La chanson nous emporte avec elle à travers l’océan…

Thousands are sailing
Across the western ocean
To a land of opportunity
That some of them will never see

L’année 1988 commence fort sympathiquement avec « If I should fall from grace with god » qui débarque sur les ondes, et sur ce maxi dans une version remix. Sur un ton badin et enjoué, le sujet abordé est grave puisqu’il s’agit de sa propre mort. C’est une excellente chanson, et la version remix apporte un vrai plus musicalement.

Let me go, boys
Let me go, boys
Let me go down in the mud
Where the rivers all run dry


En face B, nous avons la version 7″ remix, et 2 titres en concert, toujours extraits de celui donné à Glasgow le 19 décembre 1987 : le très bon « Sally Mac Lennane » avec une ambiance de folie, et l’attachant « A pair of brown eyes ».

Un mois plus tard, à l’occasion du jour de la Saint Patrick, qu’est-ce qui ressort ? « If I should fall from grace with god » bien sûr ! Ce coup-ci dans une version dite limited, qui se contente de rajouter le titre « Dirty old town » en live, toujours à Glasgow en 1987. Les autres titres sont les mêmes que sur le premier maxi.

C’est au tour de « Fiesta » de sortir en single, dernier extrait de l’album « If I should fall from grace with god ». Shane disait qu’il n’aimait pas ce titre, et je peux le comprendre, car il dénote un peu par rapport aux autres titres du groupe, notamment par son aspect plus espagnol qu’irlandais. De plus, il y est fait allusion à la rencontre entre Elvis Costello et Cait…

I am Francisco Vasquez Garcia
I am welcome to Almeria
We have sin gas and con leche
We have fiesta and feria


La face B se montre peu originale puisqu’elle se contente de reprendre les sempiternels « Sally Mac Lennane » et « A pair of brown eyes », en concert à Glasgow.

Du coup, et vu le succès rencontré, un 2ème maxi beaucoup plus excitant va sortir, avec toujours « Fiesta » en face A, mais 2 inédits en face B : « South Australia » au texte certes simple mais très dansant, et « Sketches of Spain », un instrumental plan-plan, histoire de nous ramener au thème principal de ce single.

Fin 1988, les Pogues quittent le label Stiff records qui vient de faire faillite pour signer chez WEA. « Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah » est un single qui va jouer le rôle de bouche trou en attendant le nouvel album. A l’image du titre, on a connu Shane plus inspiré. Et la « long version » présente ici n’arrange pas les choses, car musicalement, c’est tout aussi faible. D’ailleurs, cette chanson ne fera pas partie de l’album « Peace and love ».

« The limerick rake » est un traditionnel qui, heureusement, vient relever le niveau. Dans le plus pur style folk irlandais, Shane chante l’amour des femmes.

La face B propose une reprise qui refera surface quelques années plus tard, « Honky tonk women », créée initialement par les Rolling Stones, ici interprétée sans grande finesse. La chanson parle de prostituées travaillant dans un bar Honky tonk, c’est-à-dire qui diffuse de la country music.

On termine par la version 45 tours de « Yeah, yeah, yeah, yeah, yeah », et qui écourtée, passe bien mieux !

En 1989, c’est à un retour aux sources auquel nous assistons grâce au très bon « Misty morning, Albert Bridge », une chanson douce amère sur la nostalgie d’un amour lointain.

« Cotton fields » démarre énergiquement la face B : chanson écrite par Shane, où on se rend compte qu’il perd pied complètement avec des paroles sans doute autobiographiques sur la déchéance. « Young ned of the hill » vient nous remonter le moral en clôturant le disque de manière agréable et enjouée, grâce à une version dub réussie.

« Misty morning, Albert Bridge » fait aussi l’objet d’une édition couleur promotionnelle, limitée à 600 exemplaires. Aucun titre sur le disque, uniquement le fameux trèfle irlandais !

Nouveau single, rythmé et entraînant, c’est « White city » aux paroles désabusées sur ce quartier de Londres.

La B side nous offre 2 inédits : « Everyman is a king » est une ode à la gloire des Etats-Unis, tandis que « The star of the county down » célèbre la femme.

Un second maxi en version limitée sort ensuite, contenant une planche de stickers et le titre « Maggy May » en concert, à la place de « The star of the county down ».

L’édition limitée de « White city » avec ses autocollants :

Les Pogues entament les nineties avec une nouvelle coopération avec les Dubliners, pour la chanson « Jack’s heroes » en l’honneur de l’équipe de foot d’Irlande, en vue de la Coupe du Monde. Bref, l’occasion de boire quelques pintes ensemble et se faire quelques sous… Il n’empêche que c’est très dynamique et qu’on a envie de reprendre le refrain en choeur.

La face B propose une version longue d’un classique irlandais « Whiskey in the jar », toujours en duo avec les Dubliners. Personnellement, je trouve que l’osmose prend mal et que la version longue n’arrange pas les choses.

Musha rig um du rum da
Whack fol the daddy o
Whack fol the daddy o
There’s whiskey in the jar

Extrait d’un album au profit des recherches sur le SIDA, voici « Miss Otis Regrets/Just One Of Those Things » chanté conjointement par Shane Mac Gowan et Kirsty Mac Coll. Eh oui, vous l’aurez deviné, c’est produit par le mari de Kirsty, Steve Lillywhite. C’est donc une tentative de renouer avec le succès de « A fairytale in New-York ». Il s’agit d’un mix de 2 chansons écrites par le jazzman Cole Porter qui raconte avec humour l’assassinat d’un amant par la femme qu’il a quitté. Un rythme lent accompagne la voix émouvante de Kirsty, avant de virer à la gaudriole lorsque Shane se met à chanter, ce qui en fait un titre chaotique et anecdotique.

La face B contient une chanson du groupe Aztec Camera, « Do I love you ? ».

1er extrait du nouvel album, « Hell’s ditch », c’est l’excellent « Summer in Siam ». La mélodie et la voix de Shane sont juste parfaites pour cette chanson qui nous raconte l’état de grâce dans lequel on se trouve en plein été au Siam, l’autre nom de la Thaïlande.

When it’s Summer in Siam
And the moon is full of rainbows
When it’s Summer in Siam
And we go through many changes
When it’s Summer in Siam
Then all I really know
Is that I truly am
In the Summer in Siam


On trouve ensuite 2 inédits : le monotone « Bastard landlord », sur la relation compliquée entre un locataire et son propriétaire, et le fantastique « Hell’s ditch » dans sa version instrumentale.

Pour terminer, on retrouve le déjà connu « Irish rover » des Dubliners avec les Pogues.

On reste en Asie, avec le single suivant : « Sayonara », un autre bon titre des Pogues, qui mélange allègrement whisky et thaïlandaise.

Encore 2 inédits en face B, avec le séduisant « Curse of love », ayant pour thème la malédiction de l’amour, et le rocailleux « Infinity » sur l’éternel retour… de l’amour !

En 1991, pour soutenir la sortie de la compilation « The best of The Pogues », on a droit à des rééditions d’anciennes chansons. Et le choix se porte sur 2 titres produits par Steve Lillywhite. Le premier est le très bon « A rainy night in Soho » qui avait fait initialement l’objet d’une édition en 1986 sur le mini LP « A poguetry in motion » et qui avait tout le potentiel d’un single.

« Squid out of water » est l’inédit de ce disque, un instrumental qui file à 100 à l’heure et qui pourrait accompagner un rodéo. On termine par le laborieux « Infinity », Shane n’ayant apparemment pas décuvé depuis plusieurs jours.

Dernier maxi de l’ère Mac Gowan, c’est le douloureux « Honky Tonk women », Shane gueulant plus qu’il ne chante. Et vu qu’on a bien essoré le catalogue des Pogues, la face B est exactement la même que sur « Sayonara », avec les titres « Curse of love » et « infinity ».

III – Conclusion

Les Pogues, sans Shane, vont continuer un temps leur parcours en sortant 2 albums : « Waiting for herb » en 1993 et « Pogue Mahone » en 1995. L’ironie veut que le titre de ce dernier album soit le nom du groupe à ses tout débuts, mais comme il signifie « Embrasse mon cul », il avait été réduit à The Pogues pour la commercialisation des disques et leur passage radio.

Les Pogues sans Shane, ce n’est plus les Pogues. Les Pogues avec le Shane imbibé de la tête aux pieds, ce n’est plus vraiment les Pogues. Il faut donc retenir leurs 3 1ers albums, absolument excellents, qui renouvellent le folk irlandais en l’amenant tantôt dans le punk, tantôt vers de superbes ballades; ceci notamment grâce au talent d’écriture de Shane et sa parfaite synergie avec le groupe. Pour les plus complétistes, les 2 derniers albums proposent aussi quelques pépites, mais sont en deçà de leurs débuts.

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