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Hommage à Freddie Mercury

Queen – Les albums

2021 est l’année du 30ème anniversaire de la mort de Freddie Mercury, l’occasion de rendre un hommage à ce grand chanteur et son groupe Queen.

Freddie Mercury, de son vrai nom Farrokh Bulsara, naît en 1946 à Zanzibar. En 1964, ses parents s’installent en Angleterre pour fuir des émeutes politiques. Freddie va suivre à Londres des études de dessin dans une Université d’Arts, mais surtout va s’intéresser à la musique et plus particulièrement au chant. Il intègre successivement plusieurs groupes locaux, avant de rejoindre Smile, composé alors du guitariste Brian May et du batteur Roger Taylor. Puis, c’est le bassiste John Deacon qui va intégrer le groupe. On est en 1970, et Freddie Mercury décide de rebaptiser le groupe du nom de… Queen !

I – Les albums

L’élaboration de leur 1er album va prendre du temps, pas moins de 2 ans ! C’est en 1973, que l’album éponyme de Queen sort. C’est Freddie Mercury lui-même, qui va dessiner le célèbre logo Queen, le Q entouré de lions, et qui va les représenter pendant pas mal d’années. C’est d’ores et déjà un très bon album, qui permet de s’apercevoir non seulement du talent de chaque membre du groupe, mais aussi de leur osmose. La musique est plutôt tendance hard-rock, avec le célèbre « Keep yourself alive » qui ouvre ce disque. « Great king rats », « Liar », « Jesus », sont quelques pépites de l’album, et annoncent déjà le futur style du groupe, même s’il va évoluer au fur et à mesure des années. En tout cas, tout est déjà merveilleusement en place : d’excellents musiciens menés par un chanteur hors pair.

Même si le succès n’est pas encore au rendez-vous, le bon accueil du public face au 1er album, encourage Queen à sortir dès 1974 leur second album, tout naturellement intitulé « Queen II ». C’est un album moins évident que le 1er, car plusieurs styles se mélangent et n’offrent plus la même continuité, ce qui déroute l’auditeur. Il y a selon moi, moins de titres porteurs, même s’il n’y a pas de mauvais morceau. Chose amusante, le dernier titre de l’album est « Seven seas of Rhye », soit le même que celui du 1er album, mais ici dans une version chantée.

En 1974, sort « Sheer heart attack ». Avec cet album, la musique de Queen se fait de plus en plus baroque, et s’éloigne progressivement du hard rock des débuts. C’est aussi le 1er album qui va bien se vendre aux Etats-Unis. 2 singles en sont extraits : « Killer Queen » et « Now, I’m here ». Mention particulière à « In the lap of the gods revisited », qui clôt magnifiquement l’album, et aurait pu devenir un classique en concert. J’aime beaucoup aussi « Stone cold crazy », très rock et très rapide, mais qui sait se faire plus calme pour laisser la place au chant de Mercury.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Sheer heart attack » qui présente les paroles des chansons :

1er opus d’un diptyque, « A night at the opéra » sort en 1975. C’est l’album de la reconnaissance internationale, qui va lancer la carrière du groupe. Plein de tubes en puissance : « I’m in love with my car », « You’re my best friend », « Love of my life »,et surtout le célébrissime « Bohemian rhapsody ». C’est d’ailleurs le 1er single à être édité, accompagné d’un clip qui reprend notamment la posture des membres du groupe sur la pochette « Queen II », et qui va propulser les ventes de l’album. Sur ce magnifique opus, on retrouve tout ce qui va faire le succès de Queen : la démesure et la grandiloquence. Le chant de Freddie s’impose comme jamais auparavant, et les compositions sont de plus en plus paufinées grâce au talent des 4 membres, tous très impliqués.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « A night at the opéra » :

L’édition couleur pour la France :

En 1976, c’est « A day at the races » qui voit le jour, la suite logique de « A night at the opéra ». Moins de tubes potentiels, mais toujours des morceaux trés travaillés, et un melting pot de genres musicaux. « Tie your mother down » se détache facilement, avec ses guitares mises en avant, « Somebody to love » met l’accent sur de belles envolées lyriques, et j’aime bien le décomplexé « Gool old fashioned lover boy », dans un style léger et suranné.

L’intérieur de la pochette ouvrante :

Nous sommes maintenant en 1977, et « News of the world »‘est déjà leur 6ème album. Le morceau d’ouverture est un titre d’anthologie, maintes fois repris dans les stades : c’est « We will rock you » qui deviendra leur marque de fabrique car repris dans tous leurs concerts. Et comme si l’auditeur n’était déjà pas assommé par cette ouverture tonitruante, le groupe enchaîne sur le magnifique « We are the champions » afin de nous mettre définitivement KO. La force de ces 2 titres d’entrée de jeu rend du coup le reste du disque un peu banal et quelconque. Cependant, « Spread your wings » ou encore « Get down, make love » tirent leur épingle du jeu : le 1er grâce à son jeu de guitare, le second à cause de ses excellents breaks.

Le vinyl couleur édité pour la France :

Et le magnifique intérieur de la pochette ouvrante :

A droite le picture disc

En 1978, l’album « Jazz » voit le jour. Malgré le titre, les compositions n’ont en fait rien à voir avec la musique jazz. C’est un excellent album, avec des titres élaborés, et son contenu bien que disparate, forme un tout cohérent. Le titre d’ouverture, « Mustapha » se veut amusant avec un Freddie enjoué. Le célébre « Bicycle race » avec ses sonnettes de vélo, est rafraichissant. « Don’t stop me now » est entraînant. Et le titre de clôture « More of that jazz » est juste une belle pirouette, avec notamment la reprise d’une partie des titres de l’album en condensé. Le groupe bénéficie d’une superbe production grâce à Roy Thomas Baker, même si ça sera sa dernière participation avec Queen.

L’intérieur de la pochette ouvrante qui présente le groupe en studio :

Le poster inclus dans les premiers pressages :

En 1979, histoire de changer, c’est un double live qui voit le jour : « Live killers ». Il s’agit d’une compilation de concerts donnés cette même année. On retrouve nombre de tubes, tels que « Bohemian rhapsody », « We will rock you » dans 2 versions différentes, « We are the champions » et le traditionnel « God save the Queen » qui terminait systématiquement leurs concerts. Selon moi, seul le trop long « Brighton rock » qui dure pas moins de 12 minutes, entâche cet album.

Une anecdote plutôt curieuse, et qui doit être unique dans l’industrie musicale : Au début de « Death on two legs », on peut entendre 2 bips qui censurent Freddie Mercury lorsqu’il dit « this next song was written about a really dirty old man, I mean a real nasty, creepy motherfucker, as you call them », en parlant de l’ex manager du groupe.

En 1980, Queen sort la BO d’un film, celle de « Flash Gordon ». C’est un album assez décrié par les fans, personnellement, je l’aime beaucoup. D’abord parceque j’aime bien le film, que j’avais vu à sa sortie au cinéma (j’avais 12 ans !), et ensuite parceque j’aimais beaucoup la bd. La musique colle parfaitement aux différentes scènes d’action, et on retrouve cette même ambiance sur le disque, avec l’incrustation judicieuse de quelques dialogues. C’est aussi un son beaucoup plus électronique que ce à quoi nous avait habitué le groupe, qui tourne la page des seventies, pour s’inscrire dans son époque.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Live killers » :

On reste sur la même année : 1980, car un autre album voit le jour, il s’agit de « The game », en fait tout juste sorti avant « Flash Gordon ». Queen embauche alors un nouveau producteur, en la personne de Reinhold Mack, qui va leur apporter le changement de son que le groupe recherche. D’autant plus, qu’ils enregistrent pour la 1ère fois en Allemagne. Moins de guitare, plus de synthés… pour un titre gagnant : « Another one bites the dust » déferle sur la planéte. D’autres morceaux ne déméritent pas, tels que « Dragon attack », assez minimaliste, « Save me », tout en douceur, « Play the game », mid-tempo avec de belles envolées.

En 1982, toujours avec le même producteur, Queen sort « Hot space », un album très funky, qui lorgne par moments vers Michael Jackson. Dans la carrière du groupe, c’est un album souvent eclipsé par l’ombre de leurs autres succès. Et pourtant, il recèle de nombreuses pépites : « Back chat », « Body language », « Dancer »… C’est un album homogène, où Queen abandonne la surabondance de sons pour se focaliser sur l’essentiel. Et pour clôre le disque, on a droit à l’exceptionnel duo Freddie Mercury / David Bowie, qui interprète « Under pressure ».

25 millions d’exemplaires vendus à travers le monde pour la 1ère compilation de Queen intitulée sobrement « Greatest hits ». Celle-ci sort en 1981 et propose la grande majorité des singles du groupe, depuis « Seven seas of rhye » en 1974, en passant par « Bohemian Rhapsody, pour aller jusqu’au dernier single en date, « Under pressure ». Personnellement, ça a été mon 1er disque de Queen, et c’est celui qui m’a donné envie de découvrir plus amplement leurs albums.

1984, c’est l’année où paraît « The works ». Cet album va définitivement effacer le peu de succès qu’a rencontré l’album précédent « Hot space ». Et 2 singles vont exploser dans les charts. Tout d’abord « Radio Ga-ga », titre simplissime pour un hit au refrain imparable. Puis, « I want to break free », superbement interprété par Freddie. Mais l’album regorge aussi d’excellents morceaux : « It’s a hard life », une autre très belle composition, « Machines » avec l’usage de vocoder, ainsi que le magnifique et sombre « Is this the world we created ? ».

La pochette ouvrante de « A kind of magic »

Si le succès de Queen ne se dément pas, ce n’est rien à comparer de ce qui arrive… L’album « A kind of magic » sort en 1986, avec sa rafale de singles. Supporté par le film « Highlander », avec notamment Christophe Lambert et Sean Connery, Queen nous offre un de ses meilleurs albums, excellemment bien produit. Tous les titres sont des hits en puissance, parfaitement calibrés pour les radios FM et les chaînes TV à clips.

Une tournée européenne s’ensuit, avec un record d’affluence : en 26 dates, 1 million de spectateurs ! Ce sera malheureusement la dernière tournée de Queen, car Freddie Mercury, atteint du SIDA, ne pourra pas assurer de tournée mondiale.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Live magic » :

Témoins de l’engouement du public, 2 live sortent : « Live magic » en 1986, une compilation de plusieurs dates sur un seul disque, puis plus tard, en 1992, « Wembley 86 », qui reprend leur ultime concert sur 2 vinyls. On préférera donc largement le concert complet, absolument génial. Un véritable best of, mais en public.

A gauche, le pressage original espagnol de 1992 et à droite la réédition De Agostini :

En 2018, les éditions De Agostini vont rééditer ce même live en triple vinyl, avec un son excellentissime.

La pochette ouvrante de l’édition de 1992 :

C’est en 1989 que paraît l’album « The miracle ». Personnellement, je ne l’ai que très moyennement apprécié à l’époque. Mais avec le temps, il s’est bonifié. C’est vrai que c’est Queen qui fait du Queen, mais le fait sacrément bien. Donc, pas vraiment de surprise : des titres énergiques avec la voix de Freddie toujours aussi fabuleuse. « I want it all » sort du lot, et sera un succès en single.

14ème et dernier album du vivant de Freddie Mercury, c’est le somptueux « Innuendo », mon album préféré. Le disque sort en 1991, après de pénibles séances d’enregistrement pour Freddie, très malade et diminué. Le titre éponyme est absolument dantesque, grâce notamment à l’ajout bien trouvé de guitares sèches aux sonorités espagnoles, qui donnent l’occasion au morceau de respirer pour repartir de plus belle. Le titre testament de Freddie, c’est « The show must go on » qui conclut avec brio l’album.

Le 24 novembre 1991, Freddie Mercury décède des suites du SIDA.

Cependant, d’autres albums estampillés « Queen » vont voir le jour…

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Greatest Hits II » :

Après sa mort, la « Queenmania » ne fait que commencer… Si les 2 derniers albums ne s’étaient pas très bien vendus, ça va vite changer, surtout pour Innuendo. Et fatalement, la pompe à fric se met en marche…

En commençant par une nouvelle compilation, intitulée très logiquement « Greatest hits II », la suite du 1er sorti en 1981, soit 10 ans plus tard. C’est forcément une très bonne compilation, avec tous les titres phares récents du groupe : « Radio Ga-ga », « The show must go on », « Innuendo », ou encore « A kind of magic ».

Et en 1995, patatras, on nous sort un nouvel album, « Made in heaven », avec toujours Freddie Mercury au chant… Mais qu’est-ce que c’est que ça ? En fait une pseudo compilation de titres enregistrés soit par Brian May, soit par Roger Taylor, soit par Mercury en solo, ou commencés en studio et jamais terminés. Ces titres sont réarrangés et retravaillés par les membres du groupe pour dire que c’est du neuf, même si ce n’est en fait que du vieux… Et dans ce patchwork, on peut écouter aussi bien des titres de 1980, que certains de 1991. Bref, ça sent vraiment le réchauffé pour gagner un max. Le summum est atteint avec la face 4, qui n’est rien d’autre qu’un looooooong instrumental soporifique de 22 minutes !

Toutefois, des titres sont très plaisants tels que « You don’t fool me », ou encore « Too much love will kill you », tous les 2 inédits. Mais, est-ce suffisant ?

Les 3 mini posters inclus dans l’album :

La pochette ouvrante de l’album « Made in heaven » :

Dans les années 2010, De Agostini a la bonne idée de rééditer l’ensemble du catalogue de Queen en vinyls, avec notamment des lives qui n’étaient sortis jusqu’alors qu’en CD.

« A night at the Odeon » nous propose d’écouter le live au Hammersmith, à Londres, datant du 24 décembre 1975. Donc, d’anciens titres, mais déjà très bons avec le célèbre « Bohemian rhapsody ».

L’intérieur de la pochette ouvrante de « A night at the Odeon » :

« Live at the Rainbow’74 » comprend 2 concerts, de 2 tournées différentes, mais donnés tous les deux au Rainbow, à Londres. Le premier, c’est celui de mars 1974, lors du « Queen II tour », et le second sur le 2ème vinyl, c’est celui de novembre 1974, lors du « Sheer heart attack tour ». Les albums correspondants sont donc mis à l’honneur en fonction de la tournée.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Live at the Rainbow’74 » :

Extraits du livret inclus dans le disque :

« Queen on fire / live at the Bowl » reprend un concert donné le 5 juin 1982 en Angleterre au MK Bowl, sur triple vinyls, durant le « Hot space tour ». Avec un super son, on retrouve les hits du moment tels que « Flash », « Play the game » ou encore « Under pressure ».

Extraits du livret de « Live at the Bowl » :

« On air » reprend sur 3 vinyls et en pochette trifold, des passages radio à la BBC du groupe entre 1973 et 1977. Certains titres sont joués plusieurs fois, mais on ne boude pas son plaisir en cherchant les petites différences. Un superbe document sonore, dont certains titres n’étaient jamais sortis en vinyl.

Une partie de la pochette ouvrante de « On air » :

« Rock Montréal » quant à lui, nous procure le plaisir d’écouter les shows des 24 et 25 novembre 1981 donnés à Montréal, et ce sur pas moins de 3 vinyls. Un mélange de hits seventies et début eighties, toujours de haute qualité.

Queen, sans Freddie Mercury, va un peu (beaucoup) à vau-l’eau… John Deacon, le bassiste, quitte définitivement le groupe en 1997. 2 ans plus tard, une nouvelle compilation est éditée, « Greatest hits III », assez bancale, avec des remixes et des reprises. Notez le « + » ajouté après le nom de Queen, histoire de préciser qu’il y a des invités pour remplacer l’irremplaçable Freddie…

Extraits du livret de « Greatest hits III » :

Après un bref passage de George Michael pour un concert unique, Sir Elton John pour un titre unique (!), ce sont successivement Paul Rodgers, puis Adam Lambert qui vont remplacer le chanteur décédé. Il y a encore un nouvel album qui sort « Cosmos rocks », chanté par Paul Rodgers, puis seulement des lives avec les anciens titres de Queen. C’est, à mon avis, une déchéance d’autant plus que le groupe aurait pu terminer sa carrière de manière flamboyante sur l’un de ses chefs-d’oeuvres, « Innuendo ». Mais non…

On fait un saut en 2019, avec la sortie du film « Bohemian Rhapsody », un biopic, genre dont raffolent les maisons d’éditions cinématographiques. Le film est un bel hommage à Freddie, avec un acteur principal, Rami Malek, criant de vérité. La bande originale est une très bonne compilation, avec des versions peu connues, soit en live, soit issues du 1er groupe avant Queen, Smile.

L’intérieur de la pochette ouvrante de « Bohemian Rhapsody » :

Et pour terminer cette présentation des albums de Queen, 2 picture disc interviews, non officiels.

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