IV – Les maxis
On commence en 1977, avec le pressage UK de « Showroom dummies » qui propose en face A la version album de 6 minutes, et en face B le certes classique, mais excellent « Europe endless ».

Puis sort en 1978, « Neon lights », un titre extrait de l’album « The man machine ». C’est un morceau chanté lentement et doucement, mais au rythme accrocheur et dansant. La face B propose la version 45 tours de « Trans Europe Express », ainsi que leur tube passé « The model ». Sur la photo, la version anglaise, avec un disque luminescent qui est sensé briller dans le noir, mais personnellement, même en le laissant des dizaines d’heures à la lumière, il n’a jamais brillé.

Toujours en 1978, « Showroom dummies » sort en maxi en Angleterre. C’est la version anglaise des « Mannequins » en français. Curieusement, il n’y a pas d’édition allemande, alors que le titre a bien été chanté en allemand. « Spacelab » et « Europe endless » complètent le disque. « Showroom dummies » est un très bon titre, très électronique, tiré de l’album « Trans Europe Express », même si la pochette du maxi reprend celle de leur nouvel album »The man machine ».

La même année, c’est « Das model » qui a droit à une édition maxi. En face B, on retrouve la version anglaise. Globalement, c’est la même recette que pour « Showroom dummies », avec une mélodie qui reste en tête grâce à des accords parfaitement liés aux percussions électroniques.
En Allemagne, sort un vinyl rouge, avec 4 titres : « Das model », « Neonlicht », « Die roboter » et « Trans Europa Express ». Un régal pour les oreilles !

Un très bon clip réalisé par la WDR pour « Die roboter » avec un superbe montage et une excellente prestation du groupe. On peut imaginer le choc visuel à l’époque.
En France, une version remix de « The model » sort en maxi promo, en 1982, couplée à « Computer love » en face B. Bah, en fait de remix, c’est exactement la même version que celle de 1978 !

Toujours en 82, « Showroom dummies » ressort en Angleterre dans une version écourtée de 2’38 ». En face B, « Numbers » et « Pocket calculator », extraits de leur dernier album à ce moment là. Il est curieux de voir que les sorties de singles n’ont pas coincidé avec les albums, et que les succès étaient liés aux albums passés.
C’est en 1981, la même année que l’album dont le titre est issu, qu’est édité le single « Pocket calculator ». En Angleterre, la version japonaise « Dentaku » fait l’objet de la face B. Et « Numbers » vient compléter le disque.

Tandis qu’en France, nous avons droit à « Mini calculateur », la version française du titre. La face B contient quant à elle « Pocket calculator » et « Numbers ». Le titre phare est fort sympathique, avec un rythme léger et entraînant. En concert, les spectateurs pouvaient participer à l’élaboration de la musique en direct, grâce à des boîtiers reliés avec fil, et tendus par les membres du groupe au public. La simplicité des paroles va de pair avec le minimalisme de la musique.
Je suis l'opérateur Du mini calculateur Je suis l'opérateur Du mini calculateur Je fais les comptes Et les décomptes Je compose Et décompose Je suis l'opérateur Du mini calculateur Je suis l'opérateur Du mini calculateur Je fais les comptes Et les décomptes Je compose Et décompose En touchant ce bouton-ci Il joue une petite mélodie En touchant ce bouton-ci Il joue une petite mélodie Je suis l'opérateur Du mini calculateur Je suis l'opérateur Du mini calculateur
Toujours en 1981, c’est le 2ème maxi single extrait de l’album « Computerworld » avec le titre « Computer love ». Et on a droit à un mélange des genres, puisque c’est rigoureusement le même disque qui paraît avec 2 pochettes différentes. En face B, on retrouve l’indémodable « The model ». « Computer love » bien que possédant d’énormes qualités, n’a pas l’impact mélodique et rythmique de « The model », d’où certainement le fait que le disque ait été réédité avec une pochette pour promouvoir la face B.

La version allemande de « Computerlove », intitulée « Computerwelt », va faire l’objet d’un excellent remix. Et c’est aussi le tout premier remix pour Kraftwerk : voix avec écho, rajout de percussions, rythme ralenti et mélodie en retrait. L’ambiance légère et insouciante du titre originel en est complètement transfigurée.

En 1983, à défaut de nouvel album, c’est un single qui sort : « Tour de France ». Ce titre marque le début de la collaboration entre Kraftwerk et François Kevorkian. Ce dernier, né en France, devient rapidement DJ et remixeur renommé aux Etats-Unis. Il travaillera notamment pour U2, Depeche Mode, Yazoo et Jean-Michel Jarre.
Le maxi propose 3 versions de « Tour de France » : celle intitulée « remix » de 6’47 » prolonge le titre avec un rythme saccadé et rapide, à l’image d’un cycliste qui fournit un effort intense. En face B, celle nommée « version » accentue et parfois destructure la respiration pour un assez bel effet. On clôt le disque avec la version 45 tours.
Puis, un 2ème maxi sort en Angleterre, toujours avec la même pochette, mais avec 2 nouvelles versions : « Tour de France » version longue en face A, étend le morceau sans grande surprise, tandis qu’en face B, on peut écouter la version 45 tours, ainsi qu’un mix intitulé « 2ème étape », uniquement instrumental.
L'enfer du Nord Paris-Roubaix La Côte d'Azur et Saint-Tropez Les Alpes et les Pyrénées Dernière étape Champs-Elysées Galibier et Tourmalet En danseuse jusqu'au sommet Pédaler en grand braquet Sprint final à l'arrivée Crevaison sur les pavés Le vélo vite réparé Le peloton est regroupé Camarades et amitié
Mais, ça ne s’arrête pas là ! 2 autres maxis avec de nouvelles versions sortent, malgré des pochettes rigoureusement identiques. Pour les différencier, il faut déchiffrer les chiffres de matrice inscrits autour du label. Sur l’un, on peut écouter 2 versions longues de 6’30 », en allemand puis en français; tandis que l’autre propose 2 versions « New York club mix » également en allemand puis en français. Les différences entre toutes ces versions sont subtiles, mais bien réelles. Je me suis d’ailleurs fait un tableau récap pour savoir quelle version sur quel maxi !


En 1986, le 1er single extrait de leur nouvel album « Electric café », c’est « Musique non stop ». La version longue en face A propose un mix entre « Boing Boom Tschak » en intro, et « Musique non stop ». Rythme saccadé, vocoder, paroles minimalistes, tous les ingrédients kraftwerkiens sont présents pour passer un bon moment. En face B, c’est la version courte « radio edit ».

La même année, « The telephone call » est édité en maxi single. La face A propose une version remix de 8″14″, plutôt fidèle à l’original. Au verso, « House phone » est une version quasi instrumentale, plus intéressante grâce aux modifications sonores des percussions. Et on termine par la version allemande du 45 tours : « Der telefon anruf ».
Et en parlant de version allemande, on a l’inverse qui sort en Allemagne : une version longue chantée en allemand en face A, et en face B, « House phone » suivi de « The telephone call » version edit en anglais.

Extrait de « The mix », en 1991, « Radioactivity » revient sur les ondes après une sérieuse cure de rajeunissement. Le groupe, dans les années 70, a été pas mal affecté que ce titre soit considéré comme un éloge aux centrales nucléaires. Pour sa resortie, Kraftwerk décide donc de marquer le coup, en changeant le refrain : différents sites de centrales sont énumérés (Hiroshima, Tchernobyl…), associés au leitmotiv « Stop radioactivity ». Personnellement, je trouve cela dommage, et le titre perd beaucoup de son authenticité.
Le maxi propose 3 versions : La « Kervorkian 12″ remix », assez basique avec un rythme poum-poum-poum, suivie du « 7 » remix ». En face B, c’est William Orbit qui s’occupe du remix. C’est loin d’être un inconnu, puisqu’il a travaillé notamment avec Madonna, U2, et… Etienne Daho ! Mais sa version de « Radioactivity » reste elle aussi assez poussive.

C’est ensuite au tour de « Die roboter » à subir la cure de Jouvence. 3 remixes, plutôt modernes et énergiques nous sont proposés : « Robotnik », « Die roboter » et « Robotronik » jouent la carte de l’électro à fond, et même si ce n’était sûrement pas indispensable, ces remixes permettent à Kraftwerk de rester dans la course et d’affronter les années 90.
La version UK, c’est bien sûr « The robots » avec ses versions « Robotronik », « single edit » et « lp version ».

En 1990, « Trans Europe Express » ressort aux US en version originale, couplé à un morceau de rap des Boogie Boys qui claque bien : « A fly girl ».
On fait un bond jusqu’en 1999, année où « Tour de France » refait surface ! C’est pratique, avec un titre comme celui-là, il est toujours d’actualité ! En face A, la « kling klang analog mix » est très proche de la « long version » de 1983, et en face B, on retrouve la version remix de Kevorkian, sortie elle aussi en 83.

En 2000, c’est à nouveau un single qui n’est lié à aucun album, qui est édité : « Expo 2000 ». C’est à l’origine un jingle publicitaire pour la foire de Hannovre, en Allemagne. Ce titre va être décliné en de multiples remixes. Et on commence par le maxi promo, qui propose la version « kling klang mix » 2000, 2001 et 2002 ! Cette dernière est de loin la meilleure, grâce à l’ajout de son rythme syncopé, les autres étant bien mollassonnes.
Ci-dessous, les pochettes sorties dans le commerce, au contenu identique au promo, à une différence près : le pressage allemand (à droite) propose en plus une version « radio mix », soit une version courte de « Expo 2000 ».

La « prestation » télévisée de Kraftwerk pour la promotion du single, avec un présentateur tout droit sorti des 70’s !

Des remixes en veux-tu, en voilà, sur ce double maxi de « Expo 2000 ». On commence par le « DJ Rolando mix », qui en fait un titre dansant pour les clubs, puis le « Ur thought 3 mix », pour un titre planant qui écarte toute percussion. En face B, le « Underground resistance mix » rajoute des sonorités électroniques bontempi, tandis que le « UR infiltrated mix » destructure le rythme. Sur la face C, on a droit au « François K + Rob Rives mix », un remix très carré et robotique. Et enfin, la face D propose le « Orbital mix », qui donne de faux airs à « Expo 2000 » de « Trans Europ Express ». Pour l’anecdote, Orbital, un duo qui fait de la techno, remixera plus tard Karl Bartos.
Personnellement, je trouve le titre originel très faible, pour ne pas dire insignifiant. Ici, ce sont les remixes qui sauvent ce morceau, notamment le « kling klang mix 2002 » évoqué dans le post précédent, et le « UR infiltrated mix », malheureusement trop court (3’23 » ).

Et en 2003, quel est le titre indémodable de Kraftwerk qui fait l’objet d’une resortie ? « Tour de France » bien sûr ! 2003, c’est non seulement la sortie de l’album « Tour de France Soundtracks » mais c’est aussi la commémoration des 100 ans du Tour de France. Ca tombe bien ? Ce maxi propose 3 nouvelles versions numérotées 1, 2 et 3, avec pour la circonstance de nouvelles paroles.
Radio Tour information Transmission télévision Reportage sur moto Caméra, vidéo et photo Les équipes présentées Le départ est donné Les étapes sont brûlées Et la course est lancée Tour de France Les coureurs chronométrés Pour l'épreuve de vérité La montagne les vallées Les grands cols les défilés La flamme rouge dépassée Maillot Jaune à l'arrivée Radio Tour information Transmission télévision Tour de France
La « long distance version 2 », est un mix rallongé qui rappelle beaucoup les versions longues de 1983, mais la voix n’est plus passée au vocoder et cela enlève beaucoup d’impact au titre. Les 2 autres versions, très similaires, sont plus représentatives du savoir-faire du groupe.
2ème single extrait de « Tour de France Soundtracks », c’est « Aerodynamik ». Et, tout comme le single précédent, on a droit à une flopée de remixes ! Le « Kling klang dynamix » prolonge agréablement le titre initial; le « Alex Gopher / Etienne De Crecy dynamik mix » retravaille les sonorités et le rythme à destination des clubs. Pour rappel, ces ingénieurs du son et remixeurs français, issus de la « french touch », ont remixé entre autres Air, Moby, Vanessa Paradis, Les Négresses vertes… Autant dire, que le titre de Kraftwerk, est certes transfiguré, mais l’essentiel est conservé, et c’est vraiment bien !
Pour finir la face B, le « François K aero mix » garde la structure rythmique du morceau pour une version minimaliste basée sur les percussions.

Toujours en 2004, un double maxi promo propose ces mêmes versions, augmentée du « François K aero mix instrumental ».
En 2005, c’est uniquement un maxi promo qui sort, en même temps que l’album « Minimum-Maximum ». On retrouve dessus 3 titres de cet album live : « Numbers » enregistré à San Francisco le 28/04/04, « Computer World » à Moscou le 03/06/04, et sur la face B, « Radioactivity » à Varsovie le 27/05/04. Honnêtement, j’ai toujours du mal avec cette version de Radioactivity : autant celle de 1975 coulait de source, autant là, je la trouve laborieuse. Bien qu’en live, le son des différents titres est très bon.

En 2007, retour sur « Aerodynamik » avec son « intelligent design mix », nom dont les initiales forment IDM, pour « Intelligent dance music ». Franchement, ça tourne dans le vide intersidéral : c’est le mix de trop. Hot Chip, le groupe de remixers, a pourtant travaillé avec pas mal de pointures comme Sia, Amy Winehouse, U2 et… les Rolling Stones !
La pépite vient de la face B, avec un « king of the mountains mix » du titre « La forme ». 11’42 » de bonheur dansant. Les paroles sont ralenties à l’extrême tandis que la musique est accélérée avec un rythme obsédant qui ne sort plus de la tête. Du beau remix, comme on aime !
Inspiration Expiration Contraction Decontraction Ventilation Rotation Extension et Flexion Preparation Musculation Concentration et Condition Regeneration Relaxation Hydratation Alimentation La forme
