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Hommage à Mark Hollis

Talk Talk – Les maxis 45 tours

4ème partie : les maxis

Non, vous ne voyez pas double, car il s’agit bien de 2 pressages totalement différents !

Celui de gauche est un mini album 4 titres, intitulé « Introductory offer mini album », sorti aux USA en 1982. Les titres sont tous issus de leur 1er album, dont bien sûr, « Talk Talk ».

Quant à celui de droite, c’est le tout 1er maxi du groupe, qui propose une version extended de « Talk Talk ». Elle porte parfaitement bien son nom, puisque le morceau respecte l’original, avec juste un peu plus de musique (4’30 » au lieu de 3’20 »).

On reste en 82, avec la réédition de « Talk Talk » dans une pochette qui reprend l’imagerie de l’album, afin de mieux le promouvoir. Sinon, c’est le même maxi que la pochette rouge.

Toujours en 82, sort « Today » dans une excellente version remix, avec, maxi oblige, un très bon son. En face B, on retrouve « It’s so serious » comme sur le 45t, mais ici dans une version jouée à la BBC.

En 1983, un seul maxi : « My foolish friend », en version extended. J’adore toutes ces versions « extended » de l’époque, qui respectent le titre tout en rajoutant un peu plus de musique, ou un refrain supplémentaire. C’est un morceau un peu à part dans la discographie du groupe, puisqu’il ne sortira jamais sur aucun album, seulement en single et maxi single, puis plus tard sur une compilation. C’est en tout cas le titre transitionnel entre « The party’s over » et l’album à venir « It’s my life ». Sur la photo, le pressage portugais.

En 1984, l’un des plus gros hits du groupe sort : c’est « It’s my life ». Et à partir de ce moment, on commence à avoir de vraies versions longues. Moins de 6 minutes pour tous les maxis précédents, et 6’14 » pour « It’s my life ». Le morceau prend son temps ce qui permet de mieux apprécier les arrangements et la musicalité. En face B pour la France, on retrouve l’autre succès de l’époque « Such a shame », dans une version de 7 minutes.

Chose originale, « Such a shame » sortira en France avec la même pochette, et le même disque que « It’s my life », mais en inversé. Ainsi le recto de « Such a shame », c’est le verso de « It’s my life », aussi bien pochette que disque. Et le recto de « It’s my life », c’est le verso de « Such a shame » !

En Angleterre, par contre, Such a shame sort avec « Again a game again » et la version 45t en face B.

En 1985, sort un nouveau maxi qui comprend des versions modifiées, dites « us mix » (beaucoup de remixes de Talk Talk s’appelleront « us mix », mais ne seront pas forcément identiques). Ce sont 2 nouvelles versions de « It’s my life » et « Such a shame », légérement retravaillées, tout en respectant la musique originale. C’est le début pour Talk Talk des multiples versions remix.

En Allemagne le remix de « It’s my life » sort couplé aux versions live de « Tomorrow started » et « My foolish friend » (préalablement éditées en 45t), avec une pochette pas des plus jolies, mais inédite.

En 84, j’ai oublié de citer le maxi allemand de « Another word » qui se contente de reprendre les faces A et B du 45 tours.

Aux Etats-Unis, « Such a shame » sort dans une pochette très originale et plutôt hypnotique. La version « extended mix » est en fait la version « us mix » de chez nous. C’est Steve Thompson qui signe le remixage. Pas un inconnu, puisqu’il travaillera pour Bowie, Aha, Ultravox, Simple Minds, Paul Simon et pléthore d’autres artistes.

En 84, un maxi 4 titres voit le jour avec encore de nouveaux remixes, dont ceux de « Dum Dum Girl », « Such a shame » en version dub mix, et « Without you ». C’est toujours Steve Thompson aux commandes pour les 2 1ers : il réarrange plus qu’il ne remixe, et ce sont 2 belles versions que l’on peut entendre. « Such a shame » est quasi instrumentale, et privilégie les percussions. A côté « Wihout you » fait pâle figure : la version initiale est déjà faible, et le remix n’arrange rien.

« Dum dum girl » est réédité par la suite avec une nouvelle pochette, dont la photo présente les membres du groupe.

La carte postale promotionnelle de « Dum dum girl » :

En 1985, sort le 1er maxi-single extrait de « Colour of spring » : « Life’s what you make it ». Il s’agit là d’une « extended version » très conventionnelle de 6’36 », mais ce rythme obsédant ne vous lâche pas une seule seconde. C’est un morceau que j’adore, encore plus en version longue. Des paroles simples, mais qui touchent directement la jeunesse des années 80 :

Baby, life’s what you make it
Can’t escape it
Baby, yesterday’s favorite
Don’t you hate it
Baby life’s what you make it
Don’t back date it
Baby, don’t try to shade it
Beauty is naked
Baby, life’s what you make it
Celebrate it
Anticipate it
Yesterday’s faded
Nothing can change it
Life’s what you make it

« Life’s what you make it », c’est le nouveau gros succès du groupe, donc rien d’étonnant qu’en cette décennie 80, un 2ème remix voit le jour. Sur un livret qui accompagne une compile cd (« Asides besides » ), on peut lire : « There was also a 12″ mix by Dennis Weinrich on a separate 12″ (12EMI5540) that has been omitted to stop the listener from being driven crazy. The version here is a superior one, trust us« .

Pas d’accord, car c’est une très bonne version, certes plus robotique avec le même rythme non stop, mais aussi plus instrumentale.

En face B de ce « Dance mix », on retrouve encore une autre version dite « early mix » et non annoncée sur la pochette. Elle reste proche de la version finale, et toujours excellente. De toute façon, je suis partial, vu que j’adore ce titre.

A noter que la 1ère version sortie était remixée par Tim Friese Green, qui est aussi le producteur attitré du groupe, mais aussi musicien occasionnel. A mon avis, Talk Talk n’aurait jamais sonné comme cela sans sa présence. Sa collaboration et son apport au groupe ne doivent pas être sous-estimés. Tim Friese Green a remixé d’autres titres, comme par exemple le 1er maxi de « It’s my life ». Et puisqu’on en parle, en Angleterre, il sortira un bundle de 2 maxis « Life’s what you make it » + la réédition de « It’s my life », les 2 pochettes étant contenues dans une pochette plus grande aux couleurs du fameux papillon jaune.

2ème single extrait de « Colour of spring », il s’agit de « Living in another world ». Un titre qui fait partie de mon panthéon musical. Tout y est parfait : musique, voix, paroles, arrangements, design. La 1ère version maxi qualifiée de « us remix » est un concentré de bonheur de 8’43 ».

Quant à la 2ème version maxi qui sort la même année, en 86, c’est la complémentarité du 1er. Appelée elle aussi « us remix », sinon ce n’est pas drôle, cette version dure 8’59 ». Les 2 remixes sont de toute façon signés par un écossais : Galvin Mackillop, qui a travaillé avec Steve Lillywhite et Hugh Padgham. En photo, le pressage hollandais, qui a la particularité de proposer une pochette exclusive à ce pays.

Parfois la chance vous sourit… En 1985, exclusivement en France, sortent des timbres fictifs et une enveloppe 1er jour pour promouvoir le single « Life’s what you make it ». Chose que j’avais complètement oubliée, et qui m’est revenue grâce à la rédaction de ce sujet. C’est le genre de truc complètement introuvable, et pourtant que j’affectionne particulièrement. A tout hasard, je tape « timbres talk talk life’s what you make it » sur Google… et… et… je trouve un lien !

Le prix est correct, je commande aussitôt, pour recevoir le précieux aujourd’hui même ! Jamais vu auparavant, et c’est maintenant chez moi ! Internet est parfois magique !

J’en profite aussi pour dire que « Life’s what you make it » est également sorti aux States, dans une version dub, vraiment différente de la version originale. Pas meilleure, mais pour complétiste.

Quant à « Living in another world », la chanson va faire l’objet d’un magnifique picture disc, le seul officiel du groupe, dans sa version 45 tours.

A gauche sur la photo, le maxi promo US de « Living in another world », qui contient les versions edited et album.

3ème single extrait de « The coulour of spring », c’est « Give it up ». Chose curieuse, ce titre ne fait pas l’objet d’un remix, et c’est la version album qui paraît sur le maxi. Alors qu’en face B, on trouve un inédit : le remix de 8 minutes de « Pictures of Bernadette ». A la fois la pochette, et la présence de ce remix, me font dire que c’était peut-être ce titre qui était prévu en face A ? Pourtant « Give it up » est supérieur et aurait pu faire l’objet d’une revisite intéressante. « Pictures of Bernadette » est un bon titre, mais un peu bancal : accrocheur dans son thème principal et son refrain, il se fait parfois dissonnant et un poil agaçant, du moins sur la version remix.

4ème et dernier single extrait de « The colour of spring » : « I don’t believe in you ». Là aussi, pas de version maxi, mais la version album. L’inédit provient une fois de plus de la face B, avec la version 12″ extended de « Happiness is easy ». Le choeur d’enfants (qui chante faux) ne passe toujours pas, mais j’aime bien ses sonorités plaintives sur un rythme lent et décomposé.

« I believe in you » sort en 1988, extrait de l’album « Spirit of Eden ». C’est non seulement le seul single extrait de cet album, mais c’est aussi le dernier maxi à sortir en vinyl, avant les rééditions remixées de leurs principaux tubes. En face B, on retrouve comme sur le single, « John Cope » et une version edit de « Eden ».

Nous arrivons maintenant en 1990, l’ère des resorties ! On fait donc du neuf avec du vieux, et le 1er titre à s’y coller, c’est « It’s my life » qui sort dans une version « tropical love forest mix » de 5’57 ». Le son est étouffé, la voix de Mark mixée en arrière, et un rythme poum tchak poum rajouté par dessus. Bref, c’est à ch*er.

Heureusement, le second titre de la face A, c’est la version single originale largement supérieure, et en face B, on trouve un megamix de 8″55″qui reprend les originaux de « Life’s what you make it », « Living in another world », « Such a shame » et « It’s my life », plus ou moins bien enchaînés, mais agréable à l’écoute.

Second titre à sortir, toujours en 90, ce n’est curieusement pas « Such a shame », mais « Life’s what you make it ». 2 remixes sont présents sur ce promo anglais : Le « BBG remix » en face A accélère le morceau et rajoute un rythme qui colle assez bien. Si ça avait été ce remix qui serait sorti à l’époque, je n’aurais sûrement pas aimé, mais bon, c’est les années 90, et on évite le courant house. En face B, le « Fluke remix » est plus délicat et sonne bien en explorant de nouvelles facettes du titre. BBG et Fluke sont des groupes de remixers qui ont surtout oeuvré dans les années 90 pour le 1er, et jusqu’à 2010 pour le second. Si BBG n’a pas fait grand éclat, Fluke va notamment travailler pour Yello, Frankie Goes to Hollywood et Bjork.

En Angleterre, 2 maxis de « Life’s what you make it » sortiront dans le commerce. Le 1er reprend le « BBG remix » évoqué plus haut, la version album, et surtout, surtout, l’un des plus beaux titres du groupe : « Tomorrow started » en version live à l’Odeon en 1986. Ce morceau est splendide, somptueux, magique ! Tout est perfection : la voix de Mark est au top, les musiciens également. C’est un régal pour les oreilles : la musique qui commence au piano est à la fois douce et mélancolique. Le titre respire grâce à plusieurs arrêts, pour se redévelopper ensuite, en soulignant la voix de Mark, sans jamais prendre le pas sur elle. Si je devais conseiller un titre à écouter pour découvrir le groupe, ça serait celui-là, dans cette version live.

Le 2ème maxi, quant à lui, reprend le « Fluke remix » déjà évoqué dans le post précédent, et en face B le « Dominic Woosey remix ». Le remixer s’ingénie à augmenter les basses, ralentir le rythme, modifier les choeurs, rajouter des boucles inutiles, pour massacrer le titre. On l’aura compris, je ne suis pas fan de cette multitude de remixes des années 90, peu respectueux des compositions originales.

On reste en 1990 avec la resortie de « Such a shame ». Ce coup-ci, c’est Gary Miller qui s’occupe de foirer le remix. Des basses proéminentes et un rythme secondaire collé par-dessus ne font pas bon ménage avec le titre original. Heureusement la voix d’Hollis est nette et mise en avant. L’intérêt du disque vient une fois de plus de sa face B qui propose un inédit : « Dum dum girl » en version live à Montreux en 86. Particularité de mon exemplaire : la double étiquette centrale !

Trouvé au hasard d’une recherche sur le bon coin, une autre réédition de « Such a shame », publiée seulement en Allemagne. Je croyais ce disque sorti exclusivement en maxi cd; et en fait, il était aussi sorti en vinyl. On retrouve dessus 4 versions originales qui forment une mini compile de leurs 3 1ers albums : la version longue de « Such a shame », « Talk Talk », « The last time », et « I don’t believe in you ».

Dernier titre issu de ces resorties, c’est « Living in another world ». Et, Alleluïa !

On a enfin droit à un remix digne de ce nom. Normal, c’est Julian Mendelsohn qui s’en charge, vieux briscard du remix. Il s’agit d’une version de 10’52 » de pur bonheur qui se serait parfaitement inscrite dans les années 80. On voit de suite lorsque le remixer a du talent, et qu’il est amoureux du morceau : tout coule de source, les passages musicaux, les montées crescendo, le rythme adequat, et la parfaite égalisation de l’ensemble. Du travail d’orfèvre !

En face B, le « Floor to the floor remix ». Le remixer a eu une excellente idée : et si on retirait complètement la voix de Mark Hollis ?

Et si on ajoutait un gros rythme bien mis en avant par dessus, et quelques effets inutiles ? Eh bien, ça donne ce que vous pouvez imaginer…

En photo à gauche, le promo anglais.

Et à droite, le promo US qui comprend pas moins de 5 titres dont une version edit de « Living in Another world », et un remix de « Talk Talk » signé Gary Miller, le même qui avait massacré « Such a shame », pour ceux qui ont suivi ! Et donc, il n’y a pas de raison que ça change, avec une voix ajoutée au début qui scande « Everybody », un son plutôt sourd, et un rythme ajouté par dessus en dépit du bon sens.

En Angleterre, le maxi sortira avec un insert en cadeau qui reprend la superbe illustration de James Marsh qui avait servi lors de la sortie du titre en 86. Et chose curieuse, les faces seront interverties par rapport au promo, pour présenter la version « Floor to the floor » en side A.

On fait maintenant un bond jusqu’en 2003, et la sortie de « Liquid People vs Talk Talk ». Le maxi comprend 3 remixes de « It’s my life », en versions vocal, dub et deeper dub. C’est pas folichon, mais au moins le rythme house rajouté par dessus est plutôt doux et n’agresse pas les oreilles. Ca se laisse donc écouter. Ma version préférée est la « deeper dub », qui transfigure le morceau, puisqu’on ne le reconnaît plus du tout : basé sur un rythme électro house qui tantôt ralentit, tantôt accèlère, et reste très hypnotique, il n’y a que de rares samples d’une ou 2 secondes de « It’s my life » et aucune voix. Par conséquent, ça n’est plus un massacre, mais devient une musique dansante pour les clubs.

Un promo sort avec une version « vocal » arrangée différemment : pas mieux ni moins bien.

Le promo de « Liquid people vs Talk Talk » :

DMC est une boîte de remixes anglaise, qui édite tous les mois à l’attention des DJ du monde entier, des disques de leurs crus. En janvier 1991, c’est Ben Liebrand, remixer très connu, auteur d’une multitude de mixes pas toujours très officiels, qui s’attaque à « Life’s what you make it ». Le résultat a largement la moyenne, avec un début où chaque note est décomposée, avant d’être assez classique dans sa forme, en appuyant la rythmique du titre.

Disconet, qui est l’équivalent de DMC, mais aux US, y va aussi de son remix de Talk Talk, en choisissant un titre moins connu : « Why is it so hard » et c’est très habilement remixé pour 7’20 » de plaisir.

En 2005, « It’s a shame » fait l’objet d’un remix non officiel dans une version « reformation ». C’est plutôt pas mal fait, avec un rythme prépondérant qui colle bien au titre. Le disque est monoface.

C’est un megamix qui conclue ce diaporama de maxis, édité en 1991 sur le label On-U-Sound. Intitulé « The big mouth megamix », il reprend les succès du groupe tout en les enchaînant. C’est plutôt bien fait, avec quelques surprises dans les enchaînements.

Pour aller plus loin, je vous recommande :

  • « The spirit of Talk Talk », livre sur le groupe, qui retrace leur carrière discographique avec plein de photos inédites, des interviews, ainsi que le travail de James Marsh. Très beau livre ! Disponible uniquement en anglais.
  • « Mark Hollis ou l’art de l’effacement », écrit par Frédérick Rapilly, en français, et qui retrace à l’aide de documents le parcours de Mark et son groupe.
  • « Mark Hollis, a perfect silence », un très beau livre, ici dans sa version luxe, qui comprend notamment la signature de James Marsh. Moins indispensable que les 2 autres, surtout parcequ’il est uniquement en anglais, avec très peu de photos.
  • « Live at Montreux 1986 », le DVD d’un live exceptionnel, avec de nombreux solos de musiciens qui accompagnent le groupe sur leur tournée. Les morceaux y sont transfigurés, et sont encore meilleurs qu’en studio.

Et pour clôturer en beauté cet hommage, l’une de mes chansons préférées : « Tomorrow started », ici dans sa version live, justement à Montreux en 1986. Merci à tous de m’avoir lu, et je l’espère, avoir pris plaisir à découvrir ou redécouvrir l’oeuvre aussi bien musicale qu’iconographique de Talk Talk.

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