III – Les maxis 45 tours
En 1980, sort « Don’t bring Harry ». Harry, c’est le diminutif du mot « héroïne ». Eh oui, les Stranglers, comme beaucoup de groupes, se sont laissés tenter… Hugh Cornwell fera d’ailleurs 2 mois de prison pour détention de drogue cette même année. En France, ce n’est qu’en 1987, que le maxi voit le jour, avec une version en français, chantée bien entendu par Jean-Jacques. Le titre est très mou. Heureusement, la face B, « Bear Cage » sauve le disque.
Harry et moi nous vivons dans un rêve Avec un ami comme lui, pas besoin d'ennemi Je n'sais pas quand l'aube viendra, Peut-être pas aujourd'hui C'est le problème quand Harry est là, Il me force à jouer avec lui J'aurais du refuser de rencontrer ce maudit Il me tente tout en promettant les secrets de la nuit Je n'sais pas quand l'aube viendra, Peut-être pas aujourd'hui Harry veut jouer toute la soirée Je n'peux pas refuser Viens pas avec Harry, je n'ai pas besoin de lui N'amène pas Harry, je n'ai pas besoin de lui Ah, tu connais Harry Je vois ça bien par tes yeux S'il y avait une fois de la vie, Maintenant c'est compromis Harry est le plus grand animal de luxe Il veut mon corps et mon âme, Il laisse le reste derrière Ah, tu connais Harry Je vois ça bien par tes yeux Ne viens pas avec Harry, je n'ai pas besoin de lui N'amène pas Harry, je n'ai pas besoin de lui.

Au Japon, sort un maxi plus intéressant, qui propose la version en anglais et en français (???), ainsi que les titres « Wired », morceau bizarre dans lequel joue Robert Williams, le batteur de Captain Beefheart; « Sverige » sorti initialement uniquement en 45 tours en… Suède; l’inédit « Crabs » en live et toujours en live « In the shadows ».
Toujours en 1980, « Bear Cage » fait l’objet d’une sortie en version longue de 6’30 ». Longue intro, final un peu répétitif, mais ça passe bien avec un très bon son. En face B, l’inédit « Shah shah a gogo » rallongé de 30 secondes par rapport au 45 tours, fournit un parfait complèment à la face A. Le disque est sorti avec la pochette perforée « United Artists », ainsi qu’avec la pochette « ours muselé », mais cette dernière est très dure à trouver.

Tandis qu’au Japon, c’est « Who wants the world ? » qui fait la face A. Un titre assez enlevé, très sympathique. On retrouve les versions longues de « Bear Cage » et « Shah Shah a gogo », mais aussi la version instrumentale de « The meninblack ». Pour clore le disque, la version single de « Bear Cage ».
2 ans plus tard, c’est « Golden brown » qui fait l’objet d’une sortie en maxi. C’est un titre absolument génial, que la maison de disques ne voulait pas sortir en single ! Ce sont les membres du groupe qui ont fait pression. Dave Greenfield y joue pour l’occasion du clavecin. Ca sera le titre des Stranglers qui se vendra le mieux. En face A, la version album, et en face B, « Love 30 », un titre expérimental qui semble mixé à l’envers.

Extrait de « Feline », voici en 1983, « Midnight summer dream », dans une version longue et somptueuse de 10’35 », mixée par Tony Visconti, tout comme l’était « Golden Brown ». C’est un morceau qui prend son temps avec une longue intro, puis les paroles d’abord dites par Hugh Cornwell, avant d’être chantées. Personnellement, c’est un titre que je trouve sublime.
En face B, un inédit aux faux airs de « Golden Brown » et au titre très long : « (The Strange Circumstances Which Lead To) Vladimir & Olga (Requesting Rehabilitation In A Siberian Health Resort As A Result Of Stress In Furthering The People’s Policies) ». Oui, rien que ça !
La même année, et extrait du même album, c’est « Paradise » qui sort en maxi, uniquement en Angleterre. Le morceau est agréable, sans plus. Je trouve le chant très quelconque, et la composition musicale simplissime. On est vraiment à 1000 lieues de la production léchée de « Midnight… ». En face B, 2 inédits : « Pawsher » sur un rythme calme et lancinant avec pour seul vocal le titre lui-même, et « Permission », un titre au rythme syncopé et aux accents reggae. Je ne vous cache pas, qu’on regrette alors, leur période punk, beaucoup plus énergique et créative.

1er titre extrait de l’album « Aural Sculpture », en 1984, c’est « Skin deep ». On relève le niveau avec un morceau léger, une voix bien mise en avant, et un rythme accrocheur. Il s’agit ici d’une version longue de 7’12 » qui prolonge agréablement le titre original. En face B, 2 inédits : « Here & There », qui ne dénote pas et reste sympathique à l’écoute; « Vladimir & The Beast (part III) », un pamplhet à propos de la guerre en Afghanistan et de la consommation de hashish (!), aux fortes connotations russes…
2ème single, c’est « No mercy », ici dans sa version longue « cement mix ». Un titre agréable, avec un mix respectueux de la version originale, qui rajoute quelques boucles ici ou là. C’est pas fou-fou, mais ça se laisse écouter. En face B, les traditionnels inédits : « In one door », un titre dans la tradition de ce que faisait alors les Stranglers, bien sympa; suivi de « Hot club », un instrumental principalement joué au clavier, qui ressemble à une démo d’un autre titre du groupe, mais j’arrive pas à trouver lequel…

Toujours en 84, « Let me down easy » sort en 3ème single extrait d’Aural Sculpture. Sur la photo, c’est l’édition limitée avec 5 titres et un poster ! On retrouve le titre principal dans sa version longue de 6’30 », un morceau cool et très plaisant. « Achilles heel » clôt la face A : plus rythmé, même si on ne va pas attrapper un infarctus. La face B commence par « Place de Victoires », qui est en fait l’instrumental de « Let me down easy », suivi de « Vladimir goes to Havana », l’habituel morceau russe, et « The aural sculpture manifesto » en dernier. Ce titre, principalement parlé, reprend en fait le texte qui figurait sur l’insert de l’album.

1986, 1er single extrait de « Dreamtime » : « Nice in Nice ». Un jeu de mot, et une photo réelle sur la pochette, pour témoigner d’un « raté » des policiers français lors d’un concert des Stranglers à Nice. Eh oui, le concert a tourné à la bagarre générale, et les flics dans la foulée, ont arrêté le groupe ! On a droit à la version « Porridge mix », histoire de recentrer la chanson sur l’Angleterre, et qui prolonge gentiment le titre initial. Le morceau est mixé par Ted Hayton, qui mixera aussi des titres de The Art Of Noise et Gail Ann Dorsey, la bassiste de David Bowie.
L’inédit, c’est « Since you went away », un morceau qui casse pas trois pattes à un canard, mais comme je le dis souvent pour les Stranglers, ça reste agréable à l’écoute.
En face B, on a droit à 2 extraits du concert donné au Zenith de Paris en 1985 : « Midnight Summer Dream » et « The european female ».

1986, c’est aussi le retour du succès pour les Stranglers avec le titre « Always the sun ». Une chanson très optimiste qui nous annonce qu’il y aura toujours du soleil… à moins qu’en seconde lecture, ça soit plutôt un avertissement sur le mensonge qui nous entoure et dont il faut se méfier. La version « Hot mix » est étendue à près de 6 minutes de plaisir auditif.
En face B, l’inédit, c’est « Norman Normal », un titre sympathique, suivi de « Souls » en concert à Orléans en 1985, au son excellent. Quand on entend tous ces enregistrements live qui ont eu lieu, et pas un seul concert complet sorti en son temps, c’est bien dommage. Heureusement, les Stranglers se rattraperont bien plus tard.
Toujours en 1986, c’est « Big in America » qui a droit à une version 12″, nommée pour la circonstance « Texas mix ». Un remix simple et efficace, avec des paroles basiques et un rythme dansant. En face B, « Dry day » prend son temps et se laisse écouter sans déplaisir. On termine par « Uptown » une fois de plus extrait du concert d’Orléans de 1985.

« Shakin like a leaf » vient clore en 1987 la liste des singles issus de « Dreamtime ». Un morceau rock, dans sa version « Jelly mix » de seulement 2″34″, remixé par Burnel, et c’est efficace. En face B, on retrouve l’inédit « Hitman », plutôt paresseux et mal produit, et heureusement la version live de « Was it you ? » pour finir sur une bonne note, issue d’un concert donné à Madrid en 1986.
La version limitée du maxi en Angleterre est accompagnée d’un poster.

« Shakin like a leaf » donne lieu à un second maxi, intitulé « Official bootleg ». C’est en fait l’enregistrement live du Zenith de 1985, une fois de plus saucissonné. On retrouve ensuite le mauvais « Hitman », et en face B, une longue interview d’Hugh Cornwell de 18 minutes, assez curieuse car avec des bruits de foule constants. C’est un disque original dans son concept, mais pas forcément indispensable. Il ne sort d’ailleurs qu’en Angleterre.

Toujours en 1987, le single qui annonce l’album, c’est « All day and all of the night », ici dans sa version « jeff remix » de 4’31 ». C’est un très bon titre, que je trouve finalement plus efficace dans sa version 45t de seulement 2’30 ». Le remix est en effet un peu lourdingue : il manque de finesse dans sa construction.
En face B, 2 inédits : « Viva Vlad! » sur des airs de valse russe, et « Who wants the world ? », en live lors du festival de Reading d’août 1987.
A gauche, le promo US de « All day and all of the night », avec en face A, la version single, et en face B, la version remix.

En 1988, sort un maxi avec 3 titres, tous extraits de l’album « All live and all of the night » : Exit les habituels inédits ! On retrouve « Strange little girl », « Golden brown » et « Was it you ? ». Ce maxi sort également avec la même pochette, mais avec « No more heroes » à la place de « Strange little girl ».
On continue dans les resucées de succès du groupe avec « Grip » qui ressort en 1989 dans une nouvelle version « Grippin stuff mix ». Etait-ce réellement utile ? Ca ne dénature pas trop le titre original, mais il était parfait tel quel. Ensuite, on peut écouter la version single 89, puis en face B, 2 anciens titres du début des années 80 : « Waltzinblack » ainsi que « Tomorrow was the hereafter » qui rappelle un peu dans sa construction « Old codger ».

Et pour clore cette décennie, un autre maxi sortira encore : une compile de 3 titres enregistrés live à la BBC en 1982 : « The man they love to hate », « Nuclear device / Genetix » et « Down in the sewer ». Ou comment faire du neuf avec du vieux.

Voici venue 1990, l’année de sortie du dernier album avec Hugh Cornwell. 1er single, c’est l’accrocheur « 96 tears ». Même si le titre n’est pas révolutionnaire, puisque c’est une reprise du groupe Question Mark, il a le mérite de respecter l’original et de relancer un peu la carrière des Stranglers.
Sur ce maxi, on a droit à une version « The tearaway mix » de 5 minutes, vraiment très bonne, qui s’amuse à décomposer le morceau. La face B renoue avec les inédits : « Instead of this » assez paresseux, et « Poisonality » plus dynamique.
2ème et dernier single extrait de « 10 », c’est « Sweet smell of success ». Ben, on va dire que le succès est à ce moment là plutôt derrière eux ! Le maxi présente le titre dans sa version album : ça fait le job, et ça aurait sûrement pu marcher 10 ans plus tôt. Mais là, nous sommes en 1990, et autant les Stranglers ont su prendre le tournant musical nécessaire en 1980, autant là, ils se répétent et n’évoluent plus.
En face B, c’est pire ! Il s’agit pourtant de 2 inédits : « Motorbike » insipide à souhait, et « Something » un genre de slow sirupeux et soporifique.
La version « limited » qui propose, en bonus, un encart reprenant l’illustration de l’album :

Aux Etats-Unis exclusivement, il sort un maxi promo de « Someone like you », avec la même face B que le single précédent, à savoir « Motorbike » et « Something ». Mais vu la banalité du titre principal, il n’y aura pas de sortie commerciale par la suite.
Le promo US de « Someone like you » :

« Sweet smell of success » va faire l’objet d’un second maxi, et ce coup-ci dans une version remixée, intitulée « Indi-pendence mix ». C’est le remixer « Judge Jules » qui amène le titre prendre un virage house; ce qui, vous l’aurez compris, ne sied pas du tout aux Stranglers ! En face B, 2 autres remixes dans le même style « Strangled house mix » et « Strangled house dub » enfoncent le clou en ajoutant des pseudos choeurs.

En 1990, une compilation « Greatest hits » sort, et c’est l’occasion d’un nouveau maxi avec la réédition de « Always the sun » dans une nouvelle version « Long hot sunny side up mix ». C’est Michael H. Brauer, remixeur de pas mal d’artistes des années 80, dont Kissing the pink et Sade, qui s’attèle à la tâche. Et alleluïa, le morceau original est respecté : c’est pas mieux, mais juste différent.
En face B, on a droit au traditionnel inédit : « Burnham beeches », un instrumental gentillet, suivi de « Straighten out » en live à Guilford le 19/03/90.
10 août 1992 : sortie du maxi « Heaven or hell ». Exit Hugh Cornwell, qui va poursuivre une carrière solo, et c’est Paul Roberts qui le remplace. C’est un très bon titre, et Paul assure au chant. Originellement issu de l’album « In the night », il est ici présenté dans une excellente version extended. L’inédit, c’est « Disappear », tout à fait convenable. Du coup, on ne regrette pas trop le départ de Cornwell. On revient aussi à un Stranglers plus sombre et gothique, à l’image de ses débuts.
La face B nous offre 2 titres en live issus de leur tournée de 1991 en Angleterre : « Brainbox », l’un de leurs nouveaux titres, et « Hanging around » histoire de se remémorer la belle époque.

Le maxi promo UK de « Heaven or hell » :

On fait un saut jusqu’en 1995, date de sortie du dernier maxi des Stranglers : « Lies and deception ». Le titre est issu de l’album « About time ». Il s’agit d’un maxi limité à 3000 exemplaires et numéroté (j’ai le n° 747). La chanson ne démérite pas, même si on aurait aimer un peu plus de folie dans la production.
En face B, 2 inédits : « Swim », chanté étrangement assez haut dans les aigus, mais musicalement très classique, et « Cool Danny » plus rock, et parfaitement représentatif de l’univers des Stranglers.
